L'adaptation est notre nature. Elle permet la performance physique et mentale. Viser la pleine santé passe par le travail de ces piliers. Le principe d'Hormèse est notre outil de travail.
L’entraînement du corps est un entraînement de l’esprit
L’entraînement du corps est un entraînement de l’esprit

L’entraînement du corps est un entraînement de l’esprit

Chez la plupart d’entre nous, le sport réfère au physique. Tôt ou tard, il nous a été inculqué dans nos vies l’importance de s’exercer physiquement. Que ce soit pour éprouver son corps, se sentir bien, se renforcer ou pour sa santé. 

Au coeur de ma philosophie, je crois profondément à l’importance de cet entraînement physique. Sa pratique recèle d’innombrables vertus, à la première desquelles se trouve le renforcement de nos aptitudes globales. Tout individu qui entraîne son corps de façon quotidienne incarne une forme de noblesse, assurément. 

Ceci étant, il m’apparaît intéressant de vous suggérer une vision encore plus noble de l’entraînement physique. Un regard bien plus profond. Une vision que j’ai peu à peu découvert, avec les arts martiaux et mes premiers mentors de l’entraînements physique.  

Vous aurez certainement déjà entendu dire que l’entraînement physique forge le mental. Très clairement, c’est vrai. 

Ainsi pourrait-il se dessiner un lien de dépendance entre le physique et le mental – le corps et l’esprit ? C’est vers cette voie que je veux mener le lecteur dans cet article. 

Comme déjà évoqué sur ce site, j’ai la profonde intuition qu’il existe une unicité Corps-Esprit chez l’être humain. Dès lors, la pratique physique par l’entraînement ne délaisse pas l’esprit. Elle l’inclut totalement, le confronte à ses faiblesses et utilise ses forces pour accroître notre résilience. 

Cette unicité Corps-Esprit peut-être ressentie très profondément dans les arts martiaux. Par ma pratique du Muay Thaï, c’est à chaque entraînement que je constate l’interdépendance de ces sphères de l’être humain. L’adversité nous fait prendre conscience de nos propres peurs et schémas de pensées. 

D’ailleurs, la plupart des arts martiaux nous viennent d’Asie – Muay Thaï, Judo, Karaté, boxe khmère, Aïkido, etc.. – là où leur pratique vise tout autant à entraîner l’esprit que le corps. Ces deux éléments n’ont jamais été séparés que par l’approche occidentale du sport. 

Si l’entraînement physique en lui-même est absolument fécond, le relier avec un travail de l’esprit est probablement la voie la plus ascendante pour l’être humain. 

Bien plus que forger le mental, l’entraînement physique permet d’entrevoir ses mécanismes de pensées réels. Quand l’envie d’abandonner survient. L’envie d’en faire moins domine, La peur de faire une répétition supplémentaire, ou l’absence de motivation à aller s’entraîner prend le dessus. Quand la peur de boxer quelqu’un de meilleur que soi nous tétanise. 

Tout cela relève de l’esprit. Le corps lui, n’a pas ce niveau de conscience. 

La plupart des pratiques physiques nous mettent face à nos propres ”barrières” mentales. Les arts martiaux par l’adversité, et la peur de la douleur. Les sports d’endurance (course à pied, cyclisme, triathlon) par la solitude intérieure de longue durée. Les sports de force (musculation, callisthénie, Crossfit) par la peur de l’échec musculaire. 

À cela, personne n’y échappe. C’est en cela que certains trouvent l’idée de ”faire du sport” horrible. Combien de fois ai-je pu entendre: ”faire quelque chose qui nous fait souffrir, ça n’a vraiment aucun de sens”. 

Pourtant, d’une part la souffrance physique renforce le corps lorsqu’elle est bien menée. D’autre part,la souffrance mentale occasionnée est en réalité la plus belle opportunité d’apprendre à se connaître. 

À chaque entraînement physique, c’est un nouveau dialogue avec soi-même qui recommence. Ce que certains peuvent alors qualifier ”d’horrible”, c’est leur incapacité à faire face à leur propre miroir. 

Oui, l’entraînement physique te met face à toi-même. À tes faiblesses, à tes peurs, tes limites et tes pensées négatives. 

C’est aussi la plus belle opportunité offerte par cette voie que de pouvoir accéder à son soi réel, sans filtre. Très peu d’autre expériences dans la vie le permettent à un tel niveau d’intensité. 

Dans l’entraînement physique – comme dans le froid extrême d’ailleurs – les masques tombent. Plus personne ne peut se mentir à soi-même. On ne peut qu’observer la réalité brute de ce que nous sommes. 

Alors, chacun de nos entraînements physique peut devenir une forme de méditation. Chaque effort physique peut être observé pour nous aider à déceler nos peurs récurrentes. La plupart du temps, des schémas de pensées bien ancrés reviennent en boucle. 

En se plaçant dans la posture d’observateur, il devient absolument fascinant de regarder comment notre esprit se comporte avant un effort physique. Comment il s’adapte pendant l’exercice. Ou la manière dont il résiste dans la durée, lorsque le corps envoie des signaux de fatigue. 

L’entraînement physique nous place toujours dans une posture d’inconfort. Sortir malgré le froid, bouger en dépit de la fatigue sont des signaux d’inconfort qui ne surviennent pas en restant dans le canapé. 

Dès lors, adopter un point de vue d’observateur de son propre esprit conduit à la réflexion la plus puissante que l’Homme puisse se poser : ”Quand suis-je en train de fuir l’inconfort pour me réfugier vers le confort ?”. 

À se poser cette question lors d’un entraînement physique, tout un chacun pourra aisément constater le poids de l’esprit tant cette tendance à fuir l’inconfort revient souvent. 

En ce sens, tout entraînement du corps peut devenir un entraînement de l’esprit. Observer ses façons de pensées, pour en prendre conscience petit à petit. Jour après jour, pour se rendre compte que ce sont toujours les mêmes peurs qui dominent l’esprit dans la pratique physique. 

Parce qu’après en avoir pris conscience, on peut agir sur ses peurs et procéder à leur déconstruction. Comme toute peur, elles ne sont bien souvent qu’une création de l’esprit, et somme toute irréelles. Agir à l’opposée de cette pensée pousse ainsi à embrasser l’inconfort. 

Car si l’inconfort incarne ce que l’on ne veut pas au premier abord, il représente en revanche ce qui est bon pour nous – ce qui nous renforce. 

Ainsi, l’entraînement physique forge le mental. Mais c’est d’abord et avant tout en regardant ces réactions de l’esprit face à la difficulté que l’on décèle notre fonctionnement ”par défaut”. 

Forger le mental” débute une fois que le fonctionnement ”par défaut” est compris, non l’inverse. 

De ce point de vue, l’entraînement physique forgera le mental tant et aussi longtemps qu’il est vu comme un moyen d’observer le comportement de son esprit face à la souffrance physique. 

D’une certaine manière, cela peut presque devenir un jeu. Un jeu ascendant, qui renforce et fait de nous quelqu’un de meilleur. Car la forme de connaissance qui nous emmènera le plus loin dans la vie, est certainement la connaissance de soi. 

Au jour où j’écris cet article, j’ai pu faire l’expérience très concrète de ces propos. 

Fraîchement arrivé sur l’île d’Achill Island en Irlande pour deux mois, une longue séance de traction aux anneaux m’attendait au programme ce matin. Une grosse fatigue due à mon installation et un entraînement trop intense la veille, m’ont amené à reporter cet entraînement au lendemain. Un corps épuisé est incapable de se renforcer. 

Sommeil peu réparateur en raison d’une météo bruyante, le corps n’était toujours pas à 100% 24h plus tard. Pourtant je devais m’entraîner, j’aime cela et j’en ai besoin. L’esprit, lui, n’avait définitivement pas envie.

J’ai passé près de 30 minutes avant de sortir, assis par-terre à essayer de comprendre mon esprit. À méditer sur ses peurs du jour d’aller s’entraîner. L’enjeu était de l’observer et de le comprendre. Le tout sans suivre sa volonté, au risque de quoi je ne me serai jamais entraîné. 

Ce matin, mon esprit a brandit toutes les excuses : fatigue, manque de récupération, mauvais sommeil, météo difficile. Mon entraînement a véritablement débuté lorsque j’ai observé les réactions de mon esprit, tout en agissant à l’opposé de sa volonté. 

Lorsque j’ai pris conscience de son envie de me mener vers le confort, et que j’ai choisi l’inconfort. Une heure plus tard, l’entraînement était terminé, et moi fier d’avoir combattu mon esprit. En le comprenant sans m’y soumettre, je l’ai renforcé. 

Ce jour-là, comme tous les autres, mon entraînement du corps était aussi un entraînement de l’esprit. 



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